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L'accident de dĂ©compression (ADD) ou la maladie des plongeurs đŸ€ż

La plongĂ©e sous-marine est une activitĂ© physique accessible Ă  tous, qui permet autant de se relaxer que de dĂ©couvrir les nombreuses richesses qu’abrite le monde sous-marin. Bien que ce ne soit pas considĂ©rĂ©e comme une activitĂ© dangereuse, la plongĂ©e comporte des risques notamment lorsqu'on fait de la plongĂ©e en scaphandre autonome c’est-Ă -dire Ă©quipĂ© d’une bouteille. En pratique, le plongeur est soumis Ă  des changements de pression. Changements d’autant plus importants que le plongeur est profond. En effet la pression atmosphĂ©rique s’élĂšve Ă  un bar tandis que la pression hydrostatique, elle, augmente d’un bar tous les dix mĂštres. La variation de pression subit par le corps, combinĂ©e Ă  l’inspiration d’air comprimĂ© durant la plongĂ©e sont les principaux facteurs causant les accidents de dĂ©compression. Mais quel phĂ©nomĂšne scientifique se cache derriĂšre l’accident de dĂ©compression ?

53% des accidents de plongée sont des accidents de décompression.

Pour pleinement comprendre les causes de cet accident il est nĂ©cessaire d’évoquer quelques notions scientifiques. Alors c’est parti, parlons science !

Avant tout, il faut savoir que les gaz se dissolvent en contact de liquide, et ce progressivement et proportionnellement Ă  la pression exercĂ©e. En 1803, William Henry Ă©nonce la loi suivante : la quantitĂ© de gaz dissous dans un volume de liquide donnĂ© augmente avec la pression. En d’autres termes, plus la pression est forte, plus la quantitĂ© de gaz dissous croĂźt et inversement, plus la pression est faible moins le gaz sera dissous.

Par ailleurs, vous n’ĂȘtes pas sans savoir que le corps est essentiellement composĂ© de liquide. Ainsi lorsque le plongeur inspire son mĂ©lange d’oxygĂšne et d’azote (air comprimĂ©), ce dernier va se dissoudre dans le sang et les tissus, et ce d’autant plus si la plongĂ©e est longue et profonde. Jusqu’ici tout va bien, pas de problĂšme.

C’est lors de la remontĂ©e Ă  la surface que le risque est prĂ©sent. Effectivement, vous l’aurez compris, plus on est proche de la surface de l’eau plus la pression diminue et donc moins le gaz prĂ©sent dans l’organisme est dissous. Ainsi l’azote, au fur et Ă  mesure que le plongeur remonte, reprend sa forme gazeuse et forme des micro bulles qui ne pourront pas ĂȘtre Ă©liminĂ©es correctement par une simple expiration et qui s’accumuleront de ce fait dans les vaisseaux sanguins. Ces bulles obstruent donc les vaisseaux empĂȘchant une circulation correcte et notamment l’apport en oxygĂšne.




On distingue deux types d’accident de dĂ©compression dont les symptĂŽmes peuvent se manifester de 15 minutes Ă  6 heures aprĂšs la remontĂ©e Ă  la surface. Le premier, de type I est considĂ©rĂ© comme lĂ©ger et n’engendre donc qu’une douleur articulaire ou musculaire qui peut cependant s’intensifier au cours du temps. Le type II est plus sĂ©vĂšre et peut engendrer des symptĂŽmes au niveau de l’oreille interne, ou touchant le cƓur, les poumons et les nerfs. Allant de l’infarctus, Ă  une paralysie en passant par des vomissements et des difficultĂ©s Ă  respirer, l’accident de dĂ©compression de type II peut entraĂźner la mort.

53% des accidents de plongĂ©e sont des accidents de dĂ©compression. Afin de prĂ©venir ce genre d’incident il est nĂ©cessaire lors de longue et profonde plongĂ©e de remonter par palier de dĂ©compression. Pour cela, il existe des tables de plongĂ©e indiquant les paliers Ă  respecter selon la durĂ©e et la profondeur de la plongĂ©e effectuĂ©e. Par ailleurs, il est important d’éviter d’ĂȘtre en altitude ou de prendre l’avion dans les 12 Ă  24h qui suivent la plongĂ©e.